Le Jardin de Fleurs

roseraie ephrussi rothschild

Les premiers jardins de fleurs

En Chine, 3000 ans avant JC, les fleurs étaient déjà cultivées pour leurs attraits colorés, leur parfum ou la finesse de leurs corolles dans le cas des pivoines par exemple. En France, la culture des espèces à fleurs pour leur seule beauté se fit beaucoup plus attendre mais l’art des jardins sut ensuite rattraper ce retard et intégrer remarquablement les fleurs à la composition générale. Au Moyen-Âge, les jardins rassemblaient les plantes utiles à l’homme, donc en priorité les espèces alimentaires, médicinales, textiles et tinctoriales.

Les roses en faisaient néanmoins partie, pour la vertu calmante de leurs pétales avec lesquelles on fabriquait l’eau de rose, et pour la richesse en vitamine C de leurs cynorrhodons. Les banquettes herbeuses et les treillages en châtaignier couverts de quelques grimpantes à fleurs formaient aussi des déambulatoires où les dames se promenaient parmi les arbres fruitiers.

La séparation entre l’utile et l’agréable se fit ensuite, à la Renaissance, le jardin des simples et le potager étant cultivés à côté de la partie ornementale, séparés le plus souvent par des murs ou des treillages.

Les fleurs, un décor coloré

Au 16ème siècle, on assiste ainsi à la création de véritables jardins d’ornement, parés d’une diversité de plantes montrant de belles floraisons. Surnommé le château des Dames, Chenonceau s’érige alors en fer de lance de ce style, par la volonté de Diane de Poitiers. Passant ensuite aux mains de Catherine de Médicis qui y réalise de grands travaux d’aménagement, il reste la référence en matière d’agrément en France. Aujourd’hui, c’est l’un des plus beaux jardins de fleurs changeant de visage à toutes les saisons.

Jardin de fleurs Chenonceau
Jardin de fleurs Chenonceau

Cette décoration florale, réalisée à l’aide de vivaces et de fleurs annuelles cultivées dans les serres puis transplantées dans les jardins au fil de l’année, rehausse le tracé géométrique des parterres en leur donnant l’aspect d’une tapisserie ancienne. Cette utilisation des plantes à fleurs pour souligner le dessin des parterres réguliers se retrouve également dans beaucoup de jardins classiques tels que celui de la Villa Ephrussi de Rothschild où la couleur rose est à l’honneur.

Roseraie Villa Ephrussi Rothschild
Roseraie Villa Ephrussi Rothschild

Les fleurs à bouquets

Longtemps privilégié dans tous les jardins des châteaux et des grands domaines, le jardin des fleurs à couper présentait en lignes juxtaposées les espèces les plus florifères s’épanouissant sur de longues tiges. En plus des roses et marguerites, les pivoines, dahlias, hémérocalles, glaïeuls, lis, œillets, lupins et rudbeckias y étaient parmi les plus anciennes cultivées.

Aujourd’hui on leur ajoute des cléomes et des platycodons pour créer des bouquets originaux, des gaillardes, nigelles et centaurées pour un style plus champêtre, et des cosmos pour alléger la composition. Mais de nombreuses autres fleurs peuvent garnir les rangs.

La lavande est par exemple très à la mode, l’astrance et l’astilbe également. Toutes ces plantes à fleurs s’invitent plus généralement dans le jardin d’ornement en grands groupes qui supportent le prélèvement de quelques tiges pour les bouquets. Les parterres fleuristes entourés de buis offrent aussi l’avantage de soutenir les touffes aux longues tiges par un écrin de verdure.

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