La Bambouseraie

Bambouseraie

Historique de la Bambouseraie

Avant le XIXème siècle, seuls les botanistes explorateurs avaient foulé le sol des immenses forêts de bambous asiatiques. Pourtant étudié et décrit en 1626, le bambou n’intéressait personne. Mais au fil des voyages de découvertes menés à travers le monde, de plus en plus de nouvelles plantes arrivèrent des pays lointains et les botanistes commencèrent à s’enthousiasmer pour cet « arbre creux » aux propriétés si particulières. Il était utilisé de maintes façons dans les pays chauds, et le nombre conséquent d’espèces rencontrées passionna les collectionneurs.

Eugène Mazel, importateur d’épices asiatiques au XIXème fut l’un d’eux. Il fonda dans le sud de la France près d’Anduze la toute première bambouseraie, qui aujourd’hui encore reste la plus importante d’Europe. Ouverte à la visite depuis plus de 50 ans, celle-ci a pris le nom de Bambouseraie de Prafrance. D’autres collections ont vu le jour dans l’hexagone depuis, comme à l’Arboretum de la Martinière dans l’Indre qui présente une centaine d’espèces intégrées dans le site autour de deux étangs, et au Jardin Botanique de Lyon où l’on admire près de 70 espèces comprenant de très beaux spécimens.

Le Bambou, Une graminée géante

A partir de 1855, Eugène Mazel planta dans sa bambouseraie toutes les espèces et variétés qu’il pouvait rapporter de ses voyages. Des bambous nains aux géants de plus de 30 m de haut, plusieurs centaines se sont acclimatés dans sa propriété. Grâce à cette bambouseraie, les botanistes s’aperçurent que beaucoup d’espèces résistaient très bien sous notre climat, sans soins particuliers. Cette constatation a permis le succès des bambous auprès des amateurs de jardins exotiques, pour ensuite s’étendre à tous les jardiniers.

Bambouseraie en cévennes
Bambouseraie en cévennes

Ce succès est dû en particulier à l’incroyable rapidité de croissance des bambous, à leur souplesse et leur feuillage persistant se renouvelant une fois par an. Ces propriétés dérivent de la nature de la plante, car le bambou n’est pas un arbre comme on pourrait le croire, mais une graminée ! Il possède donc toutes les particularités de ce type de plantes, se développant par des rhizomes souterrains et montrant une vigueur souvent à toute épreuve. Comme le disent les Chinois, « le bambou rit sous le vent » et se redresse ensuite plus fort. Il est donc le symbole de la sagesse des hommes qui savent céder pour s’imposer ensuite.

Le Bambou et ses utilités multiples

Le bambou sous forme de matériau est présent partout en Asie : très dur quand il est coupé et séché, il est employé pour la confection de palissades, pavillons, maisons sur pilotis (construites entièrement en bambou) mais aussi ustensiles de cuisine, bols, tapis et pinceaux quand il est débité en lamelles… On le retrouve même dans l’assiette car les jeunes pousses de certaines espèces sont comestibles et très nutritives. Il forme aussi des barrières, des pergolas et des fontaines traditionnelles appelées « sishi odoshi » au Japon.

Le mobilier de jardin en bambou est réputé d’une grande solidité quand les cannes ont été séchées.

Sur pied, le bambou donne de belles haies bruissant au moindre souffle d’air et qui créent de très bons brise-vent. Les espèces naines peuvent aussi couvrir les talus, former des labyrinthes et végétaliser de grandes surfaces. Appelées aussi chaumes, les cannes de couleurs différentes selon les espèces offrent un décor graphique de toute beauté, souvent utilisé dans les jardins contemporains. Le bambou géant est lui considéré comme un « objet de collection », faire-valoir d’une architecture ou d’une œuvre particulière. Ces différentes utilisations sont présentées à la Bambouseraie de Prafrance, où l’on peut aussi juger de la majesté des espèces les plus hautes formant là une véritable forêt.